Appel thématique n°3

Coordination :
Brigitte Baldelli (ACOFIS, IRTS LR, CORHIS Université de Perpignan), Anne-Marie Bureth (CORHIS Université de Perpignan) et Yves Gilbert (CORHIS, Université de Perpignan)

« L'homme ne peut rien faire en bien ou en mal qu'en s'associant. Il n'y a pas d'armure plus solide contre l'oppression, ni d'outil plus merveilleux pour les grandes œuvres. »
P. Waldeck-Rousseau

Références bibliographiques - Procédure d'évaluation des propositions de contribution

La gouvernance associative : vers une transformation démocratique de l'intervention sociale ?

Contexte

De nombreux travaux portent sur le milieu associatif et, plus particulièrement, sur « l'associationnisme social », la gestion associative des établissements sociaux et médico-sociaux.

Les questions les plus fréquemment abordées à propos des associations œuvrant dans le champ social portent sur l'affaiblissement de l'État-providence, les relations entre salariés et bénévoles, entre le politique (les élus du CA) et le technique (les salariés de la technostructure), le glissement des espaces de pouvoir (de l'AG au CA), la notabilisation et la constitution d'une classe (ou caste) d'influence (élus présents dans une pluralité de CA), la gestionnarisation et l'émergence de nouveaux profils de dirigeants non issus du champ de l'action ou de l'intervention sociale (directeurs généraux ou directeurs venant de la grande distribution, de l'industrie, de la banque, etc.) et, partant, sur le déclin de l'esprit associatif.

Dès les années 1970, des travaux pointent les limites de l'associationnisme comme forme d'action collective (Meister, 1974), en particulier la routinisation et la bureaucratisation, le déplacement des lieux de pouvoir, le désengagement des membres associés ou le changement de fait des finalités. Depuis cette période, des travaux de référence (Laville et Sainseaulieu, 1997) ont permis de mieux comprendre le mouvement associatif en montrant comment il se distingue du mouvement social - les associations ne recherchent pas nécessairement une transformation culturelle à long terme - et comment le fonctionnement économique et organisationnel des associations pourrait constituer un modèle complémentaire à celui de l'entreprise. Des recherches plus récentes (Tchernonog, 2007 ; 2013) montrent le développement remarquable et le poids économique des associations de secteur social et médicosocial : « Les associations du secteur médico-social (10,3 % du nombre total d'associations) et des secteurs de l'éducation, formation, insertion, moins nombreuses (3,6 % du nombre total d'associations) sont souvent des associations de grande taille, actives en direction de publics fragiles ou en difficultés ; elles font appel à l'emploi de professionnels salariés et bénéficient d'importants financements publics. Ces deux secteurs d'activité concentrent une part importante du budget total réalisé par le secteur associatif : respectivement 45 % et 13 % du budget total. » (Tchernonog, 2013, p. 5).

Les associations de ce secteur rencontrent depuis deux décennies des problèmes inédits qui réinterrogeraient leur nature même.
Apparu dans les années 1970, le New Public Management a progressivement eu un impact important sur ces activités. Dans « la société malade de sa gestion », Vincent de Gaulejac (2005) a notamment montré comment la frénésie de rationalisation et d'évaluation impacte le domaine de l'intervention sociale. Quant à Michel Chauvière (2010) il dénonce la transformation des usagers en clients sous l'effet d'une « discrète chalandisation ». Le sociologue décrit une nouvelle alliance entre le monde associatif et l'État qui succède aux alliances historiques (assistancielle et de démocratie sociale). Basée sur une concurrence régulée répondant à la mise en œuvre du cadre européen libéralisant les services, elle tend à transformer les associations en entreprises sociales.

À côté de ces mutations, la place des usagers dans les associations du champ social est devenue un enjeu central (Baldelli et Piou, 2015). La « participation » est en effet un nouveau paradigme qui s'impose aux acteurs associatifs du secteur social et médico-social (cf. Loi de rénovation de l'action sociale et médico-sociale de 2002). Aussi, à l'instar de Jean-Louis Laville, il paraît important de générer en complément des analyses classiques en termes d'organisation, d'autres analyses des associations, notamment dans leur rapport avec la démocratie participative. En effet, les associations ne sont pas des organisations comme les autres, elles sont aussi le reflet de l'action collective menée par des individus engagés.

L'émergence (ou la résurgence) des courants apparentés à l'économie sociale et solidaire et au Développement local suscite de nombreux débats sur la construction collective des projets, la mutation des modes de gestion ou encore « l'éthique de l'agir ensemble ». Ces débats s'étendent aujourd'hui au mouvement associatif dans son ensemble et, de façon plus générale, aux manières de penser et de conduire des projets de société.
Ces questionnements interrogent la gouvernance des actions collectives : « Le terme de « gouvernance » vient du latin « gubernare », ce qui signifie gouverner, piloter un navire. Il s'agit donc de l'art ou de la manière de gouverner, en favorisant un mode de gestion des affaires original dans un environnement marqué par une pluralité d'acteurs (une firme, un État, une collectivité locale, une organisation non gouvernementale, une association ou une instance internationale) qui disposent, chacun à des degrés divers et de façon plus ou moins formelle, d'un pouvoir de décision » (Baron, 2003, p. 330 ). Concept polysémique, la gouvernance renvoie à la complexité des actions collectives dans un environnement socioéconomique incertain. Il permet d'entrevoir les différents niveaux d'analyses, la multiplicité des acteurs engagés, les formes particulières ou nouvelles de coordination. Comme le souligne Catherine Baron, la question que pose la gouvernance est aussi celle des fins et des buts des actions collectives entreprises. Dans le secteur de l'intervention sociale et éducative, interroger la gouvernance consiste notamment à mettre en lumière les effets de la participation des personnes accompagnées, mais aussi des salariés, sur les prises de décisions organisationnelles.

Les objectifs de l'appel à contributions

Ce numéro de Sciences et Actions Sociales entend recueillir des articles originaux permettant de cerner les transformations des gouvernances associatives.

Comment s'effectue le passage de la gouvernance des associations (comme entités) à la gouvernance par les acteurs ? Comment dans un environnement marqué par la rationalisation gestionnaire les associations d'intervention sociale réussissent-elles à (ré)affirmer un projet de démocratisation du social ?

Les articles attendus pour ce dossier porteront notamment sur les transformations de la gouvernance des associations dans le champ de l'intervention sociale, sur les émergences ou les innovations qui, au sein de cet espace, franchissent les frontières entre social et économique, entre dirigeants et salariés, pouvoir et démocratie, sur l'impact de la participation des personnes accompagnées et des salariés, mais aussi le développement de l'économie sociale et solidaire comme contrepoint du néolibéralisme.

À titre non-exhaustif, les contributions pourront s'inscrire dans les axes proposés ci-dessous.

Axe 1 : En quoi l'associationnisme se justifie-t-il (encore) ?

On s'intéresse dans cet axe à ce qui diffère fondamentalement entre une organisation industrielle (ou entrepreneuriale) et une association gestionnaire d'établissements sociaux ou médico-sociaux.

Qu'est-ce qui distingue cette dernière d'une holding et de ses filiales ? En quoi consiste la particularité de l'associationnisme ? Est-il garante de la qualité de l'action et de l'intervention sociale ? Comment les valeurs démocratiques s'ancrent dans la gouvernance quotidienne (projets et gestion de l'entreprise) ? En quoi les modes gestionnaires ou de management sont-ils adaptés à ces valeurs ? Qu'est ce qui renouvelle la gouvernance associative dans le secteur social et médico-social ? Comment, au cœur des contraintes économiques et sociales, certains acteurs associatifs renouvellent leur gouvernance en intégrant toutes les parties prenantes ? Comment les acteurs décisionnels réagissent-ils face aux contraintes du marché (situations de mise en concurrence et d'appels à projets) et aux injonctions des pouvoirs publics ? Par exemple, comment, depuis la loi de 2002-2 rénovant l'action sociale et médico-sociale, ces acteurs (les personnes accompagnées et les familles, mais aussi les salariés) sont-ils associés ? En quoi la critique de l'approche gestionnaire et techniciste du travail social, qui renvoie à une approche trop organique et pas assez relationnelle, produit-elle des adaptations des formes du pouvoir et de la gestion associative ?

Axe 2 : La part des individus dans la construction de « l'agir ensemble » ?

Il est pour le moins paradoxal de voir le mouvement associatif confronté aujourd'hui à la question de la participation comme si cette question était nouvelle pour ce courant fondant l'action sur le rassemblement des volontés individuelles. Comment les associations perçoivent-elles aujourd'hui la contribution des individus, qu'ils soient accompagnés ou salariés, non seulement à l'organisation de la vie quotidienne (dans les conseils de vie sociale, par exemple), mais aussi à la définition des orientations stratégiques, à la construction du politique ? On attend ici des contributions portant notamment sur l'analyse des comportements des acteurs responsables et des formes éthiques mobilisées. Dans quelle mesure la posture des responsables intègre-t-elle une éthique propre à l'organisation associative en tenant compte des valeurs et des principes fondateurs (« le comportement juste ») ? Comment leur fonction dans l'organisation (motivations) et leurs relations aux tiers (salariés, les bénévoles, les usagers, les collectivités locales..) sont-elles imprégnées de ces valeurs et principes ?

Pourront également s'inscrire dans cet axe les contributions s'intéressant au « retour » de l'individu dans les constructions théoriques de l'action au sein du champ social associatif (individuation, réflexivité, « advènement du sujet » ou « surrection de l'acteur » (Herreros, 2007), etc.) ou qui s'interrogent sur l'impact de l'émergence des concepts de « pouvoir d'agir » ou d' « empowerment » sur la façon de penser le pilotage des structures d'action et d'intervention sociale et leur capacité à s'adapter aux mutations sociétales. À l'inverse, on pourra s'interroger sur l'impact des concepts holistes et déterministes sur la justification de l'incapacité des acteurs. On pourra également se demander si ce qui fait crise dans les institutions, c'est la pression des déterminants externes (par exemple, ici, le désengagement de l'État, la concurrence, l'obligation d'intégrer des principes de bonne gestion) ou l'incapacité des individus à penser les mutations et à y trouver leur place en tant que sujets ou acteurs.

Axe 3 : Comment économique et social font-ils ménage ?

Il s'agit ici d'analyses portant sur des associations ayant changé de formes juridiques et de gouvernance (ou qui sont en train d'en changer), notamment en intégrant des paramètres de l'économie sociale et solidaire, en visant la coopération de tous les membres, tout autant que l'autogestion de la structure. Il s'agit également de propositions permettant de distinguer ce que l'on pourrait appeler des approches économiques et gestionnaires adaptatives (mise en cohérence l'économique et le social, réseaux, partenariats, coopérations, etc.) et des approches économiques et gestionnaires industrielles (concentration horizontale ou verticale par absorptions, fusions, logiques de monopole, conquête offensive des marchés, etc.), autrement dit, quand la « chalandisation » devient un impératif de gestion. Comment ces associations trouvent-elles un équilibre entre leur mission sociale et leur activité économique ? Comment évaluent-elles leur production d'utilité sociale ? Comment hybrident-elles leurs ressources ? Quelles relations construisent-elles avec leurs partenaires financiers et leurs fournisseurs ? Comment les acteurs du champ social, c'est-à-dire l'ensemble des personnes concernées ou les systèmes-acteurs (Becker, 1998), sont-ils en mesure de penser la relation dialogique entre économique et social ?

Bibliographietop

BALDELLI Brigitte et PIOU Elsa, 2015, « Processus de démocratisation d'un projet de DSL : analyse des modes de participation entre différents types d'acteurs », Sciences et actions sociales [en ligne], n°1, mis en ligne le 16 avril 2015, URL [http://www.sas-revue.org/index.php/11-dossiers-n-1/articles-n1/24-processus-de-democratisation-d-un-projet-de-dsl-analyse-des-modes-de-participation-entre-differents-types-d-acteurs].
BARON Catherine, 2003, « La gouvernance : débats autour d'un concept polysémique », Droit et Société, n° 54.
BECKER Howard, 1998, Les ficelles du métier ; comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris, éd. La Découverte.
CHAUVIÈRE Michel, 2010, Trop de gestion tue le social ; essai sur une discrète chalandisation, Paris, éd. La Découverte, col. Alternatives sociales.
GAULEJAC (de) Vincent, 2005, La société malade de sa gestion ; idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social, Paris, éd. du Seuil.
HERREROS Gilles, 2012, « L'advènement du sujet », in Gaulejac Vincent (de), Hanique Fabienne et Roche , p.148-168, Pierre (dir.), Sociologie clinique ; enjeux théoriques et méthodologiques, Toulouse, éd. Érès, col. Poche.
ION Jacques, 2013, S'engager dans une société d'individus, Paris, éd. Armand Colin, col. Individu et société.
LAVILLE Jean-Louis et SAINSAULIEU Renaud, 1997, Sociologie et association ; des organisations à l'épreuve du changement social, Paris, éd. Desclée de Brouwer.
MORIN Edgar, 1984, Science et conscience de la complexité, Aix-en-Provence, éd. Librairie de l'Université.
MEISTER Albert, 1974, La participation dans les associations, Paris, éd. Économie et Humanisme.
TCHERNONOG Viviane, 2007, Le paysage associatif français : mesures et évolutions, Paris, Juris-Services, Col. JU BROCHES.
TCHERNONOG Viviane, 2013, Les associations entre crise et mutations : les grandes évolutions, Paris, ADDES-Fondation Crédit Coopératif.
ZASK Joëlle, 2011, Participer ; Essai sur les formes démocratiques de la participation, Lormont, éd. Le bord de l'eau.

Procédure d'évaluation des propositions de contributiontop

En lien avec la ligne éditoriale de la revue (voir présentation de la revue), les textes proposés doivent être originaux et ne pas avoir déjà fait l'objet d'une publication dans d'autres revues.
Les propositions de contribution doivent respecter les recommandations aux auteurs présentées dans la rubrique : « proposer un article ». Ces propositions doivent être envoyées par courrier électronique au format .doc ou .rtf à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 26 février 2016. Un accusé de réception est alors adressé en retour. Les textes font l'objet d'une évaluation anonyme par deux lecteurs désignés au sein des comités de rédaction et scientifique de la revue. Sur la base de leurs évaluations, après une discussion de l'article au sein du comité de rédaction, une décision collective est prise : accepté en l'état, accepté avec modifications mineures, accepté sous réserve de modifications majeures, refusé. Cette décision est transmise à l'auteur par la revue SAS au maximum trois mois après la réception de la proposition de l'article.

Calendrier de l'appel à contributions

Les propositions d'articles sont à envoyer à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 26 février 2016.
Les retours sont prévus pour le 15 avril 2016 pour une publication dans le numéro en mai 2016.

Appel thématique n°4

Coordination :
Véronique Bordes (MCF HDR, Département des Sciences de l'Éducation et de la Formation, Université Toulouse Jean Jaurès, Unité Mixte de Recherche Éducation Formation Travail Savoirs)
Christine Mias (PR, Département des Sciences de l'Éducation et de la Formation, Université Toulouse Jean Jaurès, Unité Mixte de Recherche Éducation Formation Travail Savoirs)

Références bibliographiques - Procédure d'évaluation des propositions de contribution

ÉDUCATION ET INTERVENTION SOCIALE : QUELS ENJEUX POUR DEMAIN ?

Contexte

Qu'entend-t-on par éducation et intervention sociale ?

L'éducation est une préoccupation de la société qui peut être considérée comme un processus permettant d'acquérir des savoirs de saveurs différentes.
Le Conseil de l'Europe, en posant la Recommandation 1437 en 2000, met en lumière l'idée d'une éducation qui pourrait prendre différentes formes. Il développe l'idée qu'investir dans l'éducation et le bien-être est une mesure efficace pour promouvoir une citoyenneté active et prévenir l'exclusion. Les systèmes d'éducation formelle ne peuvent faire face seuls à l'évolution rapide des sociétés (technologique, sociale, économique). Ils ont besoin d'être renforcés par des pratiques d'éducation non formelle qui font partie intégrante de la notion d'éducation permanente. L'éducation non formelle doit permettre aux jeunes et aux adultes d'acquérir et d'entretenir les compétences, les aptitudes, les dispositions nécessaires pour s'adapter à un environnement en constante mutation. Elle est fondée sur un ensemble d'activités d'apprentissages menées en dehors du système éducatif formel.
D'après le forum européen de la jeunesse, inspiré par les définitions de l'UNESCO et de la Commission européenne, l'éducation formelle se déroule dans un cadre institutionnel organisé (école, université), structurée en séquences et de manière hiérarchique. Elle doit mener à une certification.
L'éducation informelle, quant à elle, se déroule dans le cadre familial, entre pairs : dans ces espaces de socialisation, les apprentissages sont moins conscients et souvent peu valorisés.
L'éducation non formelle est alors un processus organisé qui a lieu parallèlement aux systèmes traditionnels d'éducation et de formation. Il ne mène à aucune certification, même si de nombreux professionnels se posent la question de la valorisation de ce temps éducatif.

Le rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales de 2005 avait pour thème « L'intervention sociale, un travail de proximité ». Il pose l'intervention sociale comme un objet d'analyse à part entière. En effet, de nombreux travaux décrivent l'ampleur du champ et sa complexité qui en font un objet de controverses.
L'intervention sociale est portée par un champ professionnel large, divers et en constante mutation. Ravon (2003) propose de définir l'intervention sociale de la façon suivante :
L'intervention sociale apparaît comme une « expression non contrôlée permettant de signer l'ensemble des actions sociales, qu'elles soient l'œuvre de bénévoles ou de professionnels, qui tend à se substituer à celle, plus institutionnelle, de travail social ».
Cette définition permet au travail social de ne pas saturer le champ de l'intervention sociale, et par-là, de ne pas la résumer au seul travail social.

Dans la pratique, au-delà de ces définitions, du côté des acteurs, il existe une diversité de professionnels du champ de l'intervention sociale et de l'éducation aussi bien du point de vue de leurs missions que de leurs formations et de leur reconnaissance en tant que professionnels de l'intervention sociale ayant une action éducative.
Qu'en est-il alors de la place de l'éducation dans l'intervention sociale ? Et quelle forme prend-elle ?

Les objectifs de l'appel à contribution

Ce numéro a pour objectif de mettre en lumière des travaux de recherche s'intéressant à l'intervention sociale et à la place de l'éducation dans ce champ pris au sens le plus large.
Qu'est-ce que l'intervention sociale aujourd'hui ?
Quelle est la place de l'éducation ?
Quelles sont les actions développées par les professionnels de ce champ au regard de l'éducation ?
L'intervention sociale sera considérée ici sous l'angle de la relation individuelle ou collective, le lien social, qu'il s'agit de maintenir, d'entretenir ou de restaurer. Il sera intéressant d'interroger les différentes approches de l'intervention sociale dans le champ éducatif.
Il sera aussi pertinent de pouvoir poser les débats qui alimentent la définition de ce champ. Ces questionnements pourront s'appuyer sur la mise en œuvre de l'intervention sociale, la prise en charge des publics, l'appartenance des différentes professions et ou leur processus de professionnalisation. La place de l'éducation restant au cœur des interrogations, amenant une réflexion autour des enjeux de l'intervention sociale et de l'éducation.
À titre non exhaustif, les contributions pourront s'insérer dans les axes suivants :

Axe 1 : Quelle place pour l'éducation dans la professionnalisation des acteurs du social ?

Les états généraux du travail social viennent d'aboutir à un « Plan gouvernemental d'action en faveur du travail social et du développement social ». Dans ce plan d'action il est fait mention d'une restructuration de la formation qui aura un impact sur la professionnalisation dans le champ de l'intervention sociale.
Comment la formation s'organise-t-elle aujourd'hui en matière d'intervention sociale ? Quelle est la place de l'éducation dans ces formations ? Comment la professionnalisation prend-elle en compte les enjeux politiques et sociétaux contemporains ? Quelles représentations sont à l'œuvre lorsqu'on parle d'éducation au sein de l'intervention sociale ?

Axe 2 : Éducation non formelle, éducation informelle, éducation formelle : quelle légitimité dans l'intervention sociale ?

L'éducation est un processus censé traverser l'ensemble des temps sociaux des personnes. Comment les professionnels de l'intervention sociale agissent-ils dans les différents espaces d'éducation ? Quels sont les enjeux pour la société et son avenir ? Quelles représentations les professionnels de l'intervention sociale ont-ils de l'éducation et quel rôle prennent-ils ou quels rôles leur sont-ils assignés dans les interventions ? L'intervention sociale peut-elle être un espace d'éducation ?

Axe 3 : Quel liens entre Recherche et Formation ?

Alors que la formation dans le champ de l'intervention sociale se restructure et que la formation à la recherche par la recherche est posée comme indispensable pour les professionnels, qu'en est-il aujourd'hui de ce lien ? Que produit la recherche « sur » ou « dans » l'intervention sociale ? Quelle est la place de la formation dans ces recherches ?

Axe 4 : Usure au travail

En quoi les rapports entre le monde économique et l'intervention sociale, dans une relation dialogique où l'on ne peut plus penser l'un sans l'autre, réinterrogent-ils l'engagement, l'implication et l'investissement au travail ?
Comment des professionnels de l'intervention soumis à des pressions économiques et de résultats peuvent-ils s'inscrire dans des actions éducatives ?
Dans quels registres temporels, l'intervention sociale peut-elle encore s'inscrire pour prendre en charge des publics, pour les accompagner, en tenant compte des nombreux et divers besoins éducatifs face à une société du résultat ?

Les articles attendus répondront aux qualités de scientificité, présentant la méthode, le terrain, les données et les analyses, ainsi qu'une bibliographie en lien avec l'article et la thématique.

Bibliographietop

Augustin J.-P. et Gillet J.-C. (2000). L'animation professionnelle. Histoire, acteurs, enjeux. Paris : l'Harmattan.
Beillerot J. et Mosconi N. (2006). Traité des sciences et des pratiques de l'éducation. Paris : Dunod.
Belhandouz H. et Vulbeau A. (2010). De la rupture au lien. Regard sur l'éducatif renforcé.
Vigneux : Matrice.
Bataille M. (2000). « Représentation, implicitation, implication : des représentations sociales aux représentations professionnelles » in Garnier C. et Rouquette M.L. (dir.), Les représentations en éducation et formation. Montréal : Nouvelles p 165-189.
Bordes V. (2007). Prendre place dans la cité. Jeunes et politiques municipales. Paris : L'Harmattan. Collection Débats Jeunesses.
Bordes V. (2008). « L'impossible professionnalisation de l'animation », Revue d'analyse institutionnelle. Les cahiers de l'implication, n° 2 p. 81-90.
Bordes V. (Coord.). (2012). L'éducation non formelle, Les Dossiers des Sciences de l'Éducation, n° 28.
Bordes V. (2014). « La socialisation professionnelle », in A. Jorro (dir.), Les concepts de la professionnalisation. Bruxelles : De Boeck, p. 295-300.
Boucher M. (dir.). (2010). Penser les questions sociales et culturelles : quels enjeux pour l'intervention sociale ? Paris : L'Harmattan.
Bouquet B., Madelin B. et Nivolle P. (2007). Territoires et action sociale. Paris : L'Harmattan.
De Gaulejac V. (1989). L'ingénierie sociale. Paris : Syros.
Dejours C. (2000). Travail, usure mentale. Paris : Bayard.
Dumont J.-F. (2011). Les Moniteurs-éducateurs en formation. Le partage professionnel des émotions. Paris : L'Harmattan.
Ion J. et Tricart J.-P. (1998). Les travailleurs sociaux. Paris : La Découverte.
Mias C. (1998). L'implication professionnelle dans le travail social. Paris : L'Harmattan.
Mias C. (2010). « Modélisation d'un processus de professionnalisation : l'implication professionnelle », Les Cahiers du CERFEE, n° 27-28.
Mias C. (2014). « Implication professionnelle », in A. Jorro. (dir.), Les concepts de la professionnalisation. Bruxelles : De Boeck, p. 161-164.
Poizat D. (2003). L'éducation non formelle. Paris : L'Harmattan.

Rapport annuel de 2005. (2006). L'intervention sociale. Un travail de proximité. Paris : La Documentation Française.
États Généraux du travail social. (2015). Plan d'action en faveur du travail social et du développement social. Conseil des ministres du 21/10/2015.

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En lien avec la ligne éditoriale de la revue (voir présentation de la revue), les textes proposés doivent être originaux et ne pas avoir déjà fait l'objet d'une publication dans d'autres revues.
Les propositions de contribution doivent respecter les recommandations aux auteurs présentées dans la rubrique : « Proposer un article ». Elles seront adressées par courrier électronique au format .doc ou .rtf à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 2 juin 2016. Un accusé de réception est alors adressé en retour. Les textes font l'objet d'une évaluation anonyme par deux lecteurs désignés au sein des comités de rédaction et scientifique de la revue. Sur la base de leurs évaluations, après une discussion de l'article au sein du comité de rédaction, une décision collective est prise : accepté en l'état, accepté avec modifications mineures, accepté sous réserve de modifications majeures, refusé. Cette décision est transmise à l'auteur par la revue SAS au plus tard trois mois après la réception de la proposition de l'article.

Calendrier de l'appel à contributions

Les propositions d'articles sont à envoyer à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 2 juin 2016.
Les retours sont prévus pour le 9 septembre 2016 pour une publication dans le numéro d'octobre 2016.

 

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