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N°5 | Éducation et intervention sociale : quels enjeux pour demain ?

Introduction

Éducation et intervention sociale : quels enjeux pour demain ?

Véronique Bordes, Christine Mias

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Ce numéro a pour objectif de mettre en lumière des travaux de recherche s'intéressant à l'intervention sociale et à la place de l'éducation dans ce champ pris au sens le plus large.

Qu'entend-t-on par éducation et intervention sociale ?

L'éducation est une préoccupation de la société qui peut être considérée comme un processus permettant d'acquérir des savoirs de saveurs différentes.

Le Conseil de l'Europe, en posant la Recommandation 1437 en 2000, met en lumière l'idée d'une éducation qui pourrait prendre différentes formes. Il développe l'idée qu'investir dans l'éducation et le bien-être est une mesure efficace pour promouvoir une citoyenneté active et prévenir l'exclusion. Les systèmes d'éducation formelle ne peuvent seuls, faire face à l'évolution rapide des sociétés (technologique, sociale, économique). Ils ont besoin d'être renforcés par des pratiques d'éducation non formelle qui font partie intégrante de la notion d'éducation permanente. L'éducation non formelle doit permettre aux jeunes et aux adultes d'acquérir et d'entretenir les compétences, les aptitudes, les dispositions nécessaires pour s'adapter à un environnement en constante mutation. Elle est fondée sur un ensemble d'activités d'apprentissages menées en dehors du système éducatif formel.

D'après le forum européen de la jeunesse, inspiré par les définitions de l'UNESCO et de la Commission européenne, l'éducation formelle se déroule dans un cadre institutionnel organisé (école, université), structurée en séquences et de manière hiérarchique. Elle doit mener à une certification.

L'éducation informelle, quant à elle, se déroule dans le cadre familial, entre pairs : dans ces espaces de socialisation, les apprentissages sont moins conscients et souvent peu valorisés.

L'éducation non formelle est alors un processus organisé qui a lieu parallèlement aux systèmes traditionnels d'éducation et de formation. Il ne mène à aucune certification, même si de nombreux professionnels se posent la question de la valorisation de ce temps éducatif.

Le rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales de 2005 avait pour thème « L'intervention sociale, un travail de proximité ». Il pose l'intervention sociale comme un objet d'analyse à part entière. En effet, de nombreux travaux décrivent l'ampleur du champ et sa complexité qui en font un objet de controverses.

L'intervention sociale est portée par un champ professionnel large, divers et en constante mutation. Ravon (2003) propose de définir l'intervention sociale de la façon suivante :

Elle apparaît comme une « expression non contrôlée permettant de signer l'ensemble des actions sociales, qu'elles soient l'œuvre de bénévoles ou de professionnels, qui tend à se substituer à celle, plus institutionnelle, de travail social ».

Cette définition permet au travail social de ne pas saturer le champ de l'intervention sociale, et par-là, de ne pas la résumer au seul travail social.

Dans la pratique, au-delà de ces définitions, du côté des acteurs, il existe une diversité de professionnels du champ de l'intervention sociale et de l'éducation aussi bien du point de vue de leurs missions que de leurs formations et de leur reconnaissance en tant que professionnels de l'intervention sociale ayant une action éducative.

Que produit la recherche « sur » ou « dans » l'intervention sociale ?

Les états généraux du travail social ont abouti à un « Plan gouvernemental d'action en faveur du travail social et du développement social ». Il est fait mention d'une restructuration de la formation qui aura un impact sur la professionnalisation dans le champ de l'intervention sociale.

Ainsi, dans les deux premiers articles, les auteurs interrogent les liens entre Recherche, Formation et Intervention Sociale. Le premier article est une réflexion scientifique sur la place de la formation dans l'élaboration d'une pensée critique, posée comme fondement du travail social. Le deuxième article, quant à lui, est l'occasion d'interroger la professionnalisation des travailleurs sociaux sous l'angle de l'analyse des représentations sociales et professionnelles autour de la jeunesse.

Mais qu'en est-il de la traduction opératoire de ces préoccupations sur le terrain ? Comment penser l'articulation entre recherche et formation ? Et surtout, comment accompagner le pouvoir d'agir des habitants dans un souci de mieux vivre ensemble ? C'est ce que le troisième article explore par un dispositif de recherche-action-qualifiante (RAQ). Les auteurs proposent ainsi de « changer de boussole » pour mieux comprendre l'agir ensemble en société et de la reconstruction du lien dans les territoires.

Le quatrième article est l'occasion d'explorer la place et la forme d'intervention de l'animateur au sein de l'éducation non formelle, l'éducation informelle et l'éducation formelle lors d'échanges scolaires. C'est le croisement de deux postures spécifiques, celle de l'animateur accompagnateur et celle de l'enseignant, lors d'échanges scolaires franco-allemands, qui seront à l'origine d'apprentissages formels et informels permettant un passage de frontières culturelles.

Le dernier article interroge les effets d'un dispositif d'évaluation des pratiques des travailleurs sociaux dans le domaine de la protection de l'enfance. L'efficacité peut-elle être réfléchie comme positive ou devient-elle un frein à la qualité attendue dans les pratiques des professionnels ?

On le voit bien, différentes logiques sont à l'œuvre dans les différents témoignages-recherches présentés dans le numéro et toutes les questions sont loin d'être résolues.

Comment des professionnels de l'intervention sociale soumis à des pressions de résultats peuvent-ils s'inscrire dans des actions éducatives qu'ils fondent sur une toute autre logique ?

Dans quels registres temporels, l'intervention sociale peut-elle encore s'inscrire pour prendre en charge des publics, pour les accompagner, en tenant compte des nombreux et divers besoins éducatifs face à une société du résultat ?

Toutefois, il offre l'avantage de porter un regard sur des réflexions et des actions à l'œuvre sur divers terrains spécifiquement de l'intervention sociale et de l'éducation.

 

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Référence électronique

Véronique Bordes, Christine Mias, "Introduction N°5", Sciences et actions sociales [en ligne], N°5 | 2016, mis en ligne le date 28 octobre 2016, consulté le 16 décembre 2017, URL : http://www.sas-revue.org/index.php/32-n-5/articles-n-5/74-introduction-n-5

 

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Véronique Bordes
Professeure des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès, Unité Mixte de Recherche EFTS
Éducation Formation Travail Savoirs.
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Christine Mias
Professeure des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès, Unité Mixte de Recherche EFTS
Éducation Formation Travail Savoirs.
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